L'IFSI d'aujourd'hui
L'IFSI d'hier : école Florence Nightingale
   
   
   
   
   

L'IFSI d'hier - Vie et oeuvre de Florence Nightingale


FLORENCE NIGHTINGALE
1820 - 1910


L'héroïne de la Guerre de Crimée, " La Dame à la lampe ",
Fondatrice du " Nursing "

Sa vie :

Née à Florence, le 12 mai 1820, Florence Nightingale a passé presque toute sa jeunesse à Derbyshire en Angleterre et a reçu une éducation d'aristocrate approfondie de son père. Contemporaine de la Reine Victoria, elle a grandi à une époque marquée par de profondes mutations sociales, dans un milieu ouvert aux idées libérales et réformatrices.

A l'âge de 9 ans, elle fait des visites au village avec sa famille et rédige un rapport sur les maux dont souffrent les villageois, sans omettre de noter leurs conditions de vie. Elle aime déjà s'occuper des autres, elle écrit dans son journal " Mon esprit est absorbé par leur douleur ".

A l'âge de 17 ans, Florence a, comme l'indique un de ses carnets intimes, une expérience mystique, une sorte d'appel profond qui va la conforter dans la conviction qu'elle n'est pas destinée à mener une vie ordinaire.

Dans ce but, elle va à l'étranger étudier le système hospitalier et, en 1850 elle débute se formation de garde-malades à " l'Institute of Saint-Vincent de Paul " à Alexandrie en Egypte. Ensuite, elle étudie à " Institute for Protestand Deaconesses " à Kaiserswerth en Allemagne et, en 1853, elle devient directrice de l'hôpital " Invalid Gentlewomen " à Londres.

Après la déclaration de la guerre de Crimée en 1854, le ministre de la guerre, Lord Herbert, propose que Florence Nightingale devienne directrice de toutes les opérations sanitaires de la guerre. Elle forme une escouade de 38 gardes-malades laïques et religieuses (catholiques et protestantes) à destination de Scutari et Balaklava là où se trouvent les hôpitaux casernes. Son premier objectif est de donner un lit à chaque blessé et s'assurer qu'il est pris en charge dès son arrivée.
   
Ses attentions constantes envers les soldats sont suivies et commentées en Angleterre où on l'appelle " la Dame à la lampe " car, la nuit, quand tout le personnel médical a quitté les lieux, elle continue à faire des rondes pour rassurer les malades.

A travers ses efforts sans relâche, le taux de mortalité parmi les malades et les blessés baissa considérablement (de 60 % à environ 2,2 % en moins d'un an).

Le 30 mars 1856, le traité de Paris met fin à la guerre de Crimée. Fuyant les honneurs, elle voyage incognito jusqu'en Angleterre. Il y a une levée de fonds pour rendre hommage à ses services, Florence devient la fondatrice de la " Nightingale School and Home for Nurses at Saint Thomas' Hospital " à Londres. L'ouverture de cette école a marqué le début de la formation professionnelle en soins infirmiers.

Les contributions de Florence Nightingale à l'évolution des soins infirmiers comme profession sont inestimables. Avant qu'elle commence sa réforme, les gardes-malades étaient sans formation et on considérait leur travail comme un travail de routine inférieur. A travers ses efforts, le statut d'infirmières devient une profession avec des importants critères d'éducation et de responsabilité. Elle reçut bien des mentions des gouvernements étrangers et en 1907 elle est la première femme à recevoir le British Order of Merit. Elle mourut à Londres le 13 août 1910. En 1915, le " Crimean Monument in Waterloo Place " fut érigé en son honneur.

Son oeuvre :

L'œuvre de Florence Nightingale reste, aujourd'hui encore, un exemple quant au rôle capital des infirmières dans la réalisation de l'objectif de la santé pour tous.
Florence Nightingale a imposé une vision de soins infirmiers qui a radicalement bouleversé la conception que la société en avait jusqu'alors. Florence avait en effet parfaitement saisi l'importance de la contribution potentielle des infirmières à l'évolution de la santé. Fermement convaincue de la nécessité d'une approche personnalisée des soins, elle a réalisé que la clé du rétablissement réside dans la compréhension des besoins du patient. Ses réformes avant-gardistes ont influencé la nature des soins de santé modernes et permis aux soins infirmiers d'exister en tant que tels et de se distinguer du travail médical.

Les valeurs défendues par Florence Nightingale ont influencé une action qu'elle a menée sa vie durant. Pour elle, les soins infirmiers doivent contribuer à la pleine réalisation du potentiel de chacun et chacune d'entre nous. Elle a donc insisté sur l'importance de l'intégrité personnelle de l'infirmière ; elle s'est engagée pour que la condition économique ou religieuse des patients n'ait pas d'influence sur la qualité des soins reçus. Elle a enfin défendu de manière efficace un certain nombre de principes importants pour l'évolution de la santé, notamment en matière de qualification des infirmières et de prévention des maladies par le maintien d'un environnement sain (théorie très écologique).

Après la guerre de Crimée, elle a rédigé plus de 200 livres, rapports et opuscules, qui ont eu un effet profond sur la situation sanitaire dans l'armée, les conditions de vie en Inde, les hôpitaux civils, les statistiques médicales et les soins infirmiers. Ses principales contributions au développement de l'enseignement ont été la création de nouveaux établissements pour la formation de médecins militaires et d'infirmières d'hôpitaux mais certaines de ses réalisations moins connues en matière d'éducation sont remarquables.

Son principe était que les infirmières doivent s'instruire aussi bien par la pratique que par la formation théorique. C'est pourquoi elle ouvre en 1860, à l'hôpital St Thomas de Londres, le premier institut de formation destiné aux infirmières : " The Nightingale training School ".

"Une infirmière, disait-elle, ne devrait rien faire d'autre que soigner. Si vous voulez des femmes de ménage, engagez-en. Les soins infirmiers sont une spécialité."

Soigner, elle l'avait elle-même démontrer à Scutari, cela ne signifiait pas exclusivement assister le médecin détenteur du savoir scientifique, cela signifiait aussi veiller avec bon sens et compétence sur la qualité de la vie des blessés, faire en sorte que l'hôpital, par son aménité, devienne un remède. Florence Nightingale établissait ainsi la spécificité de la profession infirmière.

En 1901, Anna Hamilton soutient sa thèse de médecine et pour cela elle étudie les pratiques soignantes de l'Europe. Elle observe sur place les conditions déplorables d'hospitalisation et du manque de formation. Convaincue du bien fondé et de la supériorité incontestable du système Nightingale, observé à Londres en 1898, elle va consacrer sa vie à défendre ces principes.
En 1902, elle devient directrice de la M.S.P.B et va mener alors les réformes nécessaires en introduisant ces principes.
En 1918, elle obtient de la descendance de Florence Nightingale, l'autorisation d'appeler l'école de la M.S.P.B du nom de l'héroïne de la guerre de Crimée : Ecole Florence NIGHTINGALE

La broche de l'école, représentant la Lampe de Florence Nightingale est remise à chaque infirmièr(e) nouvellement diplômé(e), depuis 1921.